L'électrostimulation fonctionnement et bénéfices

1. Qu’est-ce que c’est ?

De façon naturelle, les nerfs assurent la conduction des informations entre le cerveau et le reste du corps. Ces informations sont de deux ordres :

- celles qui viennent du cerveau et qui vont vers les muscles : ce sont les informations motrices qui ont pour effet de faire contracter les muscles

- celles qui viennent depuis l’ensemble du corps et qui vont vers le cerveau : ce sont les informations de différents types de sensibilité : le toucher, la douleur, la position du corps etc.

L’ensemble de ces informations ou influx nerveux sont en fait de micro signaux électriques qui se propagent le long des nerfs à une vitesse élevée.

L’électrostimulation est une technique qui consiste à déclencher les signaux véhiculés par les nerfs au moyen de brèves impulsions de courant électrique de faible intensité.

De façon schématique, cette technique se divise en deux types d’application :

- le soulagement de la douleur par le biais de la stimulation des nerfs sensitifs

- le travail des muscles par le biais de la stimulation des nerfs moteurs

2. Comment ça marche ?

Le stimulateur génère un courant électrique qui est transmis par des câbles jusqu’à des électrodes adhésives placées sur la peau. Selon le programme utilisé, les caractéristiques du courant sont différentes et permettent soit de stimuler des nerfs de la sensibilité pour soulager les douleurs : électrostimulation antidouleur ou antalgique, soit de stimuler des nerfs moteurs pour faire travailler les muscles : électrostimulation musculaire.

Cette technique, qui a énormément progressée au cours des 25 dernières années en raison des progrès scientifiques et technologiques, utilise des courants électriques parfaitement maîtrisés qui ont été développés dans un premier temps dans le domaine médical (électrothérapie).

3. Les contre-indications de l’électrostimulation

La qualité du courant de stimulation est déterminante pour assurer à la fois efficacité et parfaite sécurité d’utilisation. Les appareils de qualité obéissent aux normes européennes des dispositifs médicaux et sont développés par des sociétés qui ont une forte présence dans le milieu médical. Il faut se méfier des appareils bon marché, s’apparentant davantage à des gadgets qui sont le plus souvent inefficaces et parfois dangereux.

Sous réserve d’être réalisée avec un stimulateur de qualité, l’électrostimulation n’a que très peu de contre-indications :

- Patient porteur d’un stimulateur cardiaque

- Epilepsie

- Pas d’application sur l’abdomen de la femme enceinte

Il existe aussi des restrictions d’usage en cas de hernie de l’abdomen (pas de programme de musculation sur le ventre) ou en cas d’insuffisance artérielle sévère (pas de programme de musculation au niveau des jambes). Enfin, il faut éviter de placer les électrodes adhésives sur des lésions cutanées.

L’âge ne représente pas une contre-indication à l’utilisation de l’électrostimulation qui est utilisée couramment en rééducation aussi bien chez de jeunes enfants que chez des personnes âgées.

4. Les règles à respecter pour une efficacité maximale

L’électrostimulation est d’une utilisation simple et facile à mettre en œuvre. Toutefois quelques règles doivent être respectées pour en retirer le maximum de bénéfices :

- Choisir le bon programme : le courant de stimulation est différent d’un programme à un autre et est adapté à un objectif précis. Le plus souvent, le nom du programme est assez évocateur de l’objectif visé, par exemples : programme ²lombalgie² pour soulager les douleurs du bas du dos (région lombaire), programme ²force² pour développer la force maximale qu’un muscle est capable de produire.

- Positionner correctement les électrodes : il faut suivre les placements d’électrodes recommandés. Ces derniers sont représentés par des photos ou des dessins et sont faciles à adopter.

- Le réglage des intensités : l’intensité d’un courant électrique est comparable au débit d’eau qui peut couler d’un robinet, plus vous ouvrez le robinet, plus le débit d’eau qui coule est important. Pour l’électrostimulation le robinet est une touche + et une touche -, ce qui permet d’ajuster les intensités jusqu’au niveau d’efficacité requis. (voir chapitre : quelle intensité pour quel type de programme ?)

- La position du corps pendant la séance de stimulation : pour les programmes anti douleurs, il faut se placer dans la position qui est la plus confortable. Pour les programmes de musculation, la position à adopter doit permettre que les muscles se contractent de façon puissante sans produire de mouvement. Pour chaque muscle, la position à prendre est indiquée à côté du dessin ou de la photo de placement des électrodes.

- Le nombre de séances : certains programmes sont d’une efficacité quasi immédiate (programme jambes lourdes ou anti douleur TENS par exemple), alors que d’autres nécessitent une utilisation répétée et régulière pour en retirer des bénéfices, c’est le cas des programmes d’entraînement musculaire.

5. Pourquoi différents programmes d’électrostimulation ?

Il existe de nombreux programmes de stimulation adaptés à des objectifs précis et des régions différentes du corps, mais grossièrement tous ces programmes peuvent être répartis parmi quatre types de programmes de stimulation :

 

Deux types de programmes antidouleur qui soulagent cette dernière par le biais de mécanismes différents :

o  Des programmes qui bloquent la transmission de la douleur : programmes de type TENS

o  Des programmes qui augmentent la sécrétion naturelle d’une molécule qui possède des propriétés de nature antalgique : programmes de typeendorphinique

 

Ces deux types de programmes qui permettent de soulager efficacement les douleurs ont des indications différentes :

o  Les programmes de type TENS sont utilisés pour soulager des douleurs articulaires comme celles de l’arthrose ou des douleurs le long du trajet d’un nerf, comme lors d’une sciatique.

o  Les programmes de type endorphinique ont pour meilleure indication des douleurs consécutives à une exagération de la tension musculaire, comme ceci est extrêmement fréquent pour le mal de dos.

 

- Des programmes qui activent la circulation sanguine

o  Ces programmes provoquent une sorte de grosse vibration ou de tremblement des muscles (secousses musculaires) qui ont un effet de pompage permettant d’augmenter le débit sanguin local. Cette activation locale de la circulation sanguine est bénéfique par exemple en cas de jambes lourdes ou pour favoriser la récupération après une activité sportive.

 

- Des programmes qui permettent d’améliorer des qualités musculaires

o  Un muscle possède différentes qualités : force, endurance, fermeté, volume… dont chacune peut se développer au moyen d’un entraînement physique spécifique. Ceci est bien connu des entraîneurs sportifs ou des préparateurs physiques qui ne vont pas proposer les mêmes exercices à des athlètes dont les disciplines requièrent des qualités différentes. C’est la même chose avec l’électrostimulation dont chaque programme impose un type de travail musculaire visant à développer une qualité particulière.

6. Quelles intensités pour quel type de programme ?

- Pour les programmes antidouleur de type TENS :

o Il suffit d’augmenter les intensités jusqu’à percevoir une sensation de fourmillements bien marquée sous les électrodes.

- Pour les programmes antidouleur de type endorphinique et les programmes qui activent la circulation sanguine :

o Il faut augmenter les intensités jusqu’à obtenir une vibration ou un tremblement bien visible des muscles de la région stimulée.

- Pour les programmes visant à développer une qualité musculaire :

o Il est essentiel de toujours essayer de monter les intensités jusqu’à la limite de ce qui est supportable. En effet plus le niveau d’intensité utilisé est élevé, plus le nombre de fibres musculaires qui réalisent les contractions est conséquent. Comme seules les fibres qui travaillent vont être capable de progresser, il convient de toujours essayer d’en faire travailler le plus grand nombre et pour cela, il faut s’investir dans les séances et augmenter les intensités chaque fois que c’est possible. La plupart des "stimulateurs gadgets" ne disposent pas d’une puissance suffisante ni d’une qualité de courant permettant d’atteindre cet objectif et sont donc inefficaces.

7. Electrostimulation et rééducation

L’électrostimulation est une technique couramment utilisée par les kinésithérapeutes. Toutefois, même si la restauration de bonnes qualités musculaires est indispensable pour retrouver une fonction la plus normale possible, le rééducateur met en place un ensemble de techniques visant à soulager les douleurs, à drainer les tissus, à améliorer le contrôle moteur et la coordination… L’électrostimulation ne doit donc pas remplacer la rééducation, mais doit être utilisée comme un complément efficace de celle-ci. Les programmes d’électrostimulation musculaire utilisés dans le cadre d’un processus de réhabilitation sont spécifiques et appropriés à des muscles qui ont subits les conséquences néfastes d’un épisode de dysfonctionnement de l’appareil locomoteur.

L’utilisation d’autres programmes (entraînement du sportif, fitness, esthétique…) ne sont pas appropriés pour atteindre cet objectif et ne pourront pas garantir des bénéfices optimaux.

8. Electrostimulation et pratique sportive

Les sportifs compétiteurs, ceux qui cherchent à améliorer leur niveau de performance, sont aujourd’hui de plus en plus nombreux à avoir intégrer l’électrostimulation musculaire dans leur préparation physique. L’électrostimulation ne remplace pas l’entraînement volontaire qui est toujours nécessaire pour développer l’ensemble des qualités impliquées dans une activité physique : système cardio-vasculaire, coordination, technique etc. L’électrostimulation est donc une technique complémentaire de l’entraînement et permet de développer des qualités musculaires favorisant l’amélioration du niveau de performance.

De nombreux travaux scientifiques ont démontré des bénéfices indiscutables de l’électrostimulation musculaire pour développer la force musculaire, l’endurance ou l’explosivité chez des sportifs de différents niveaux. Ces résultats ne sont acquis cependant qu’au moyen de programmes adaptés à la qualité recherchée et dans le respect des règles pratiques d’utilisation.

Dans le cadre d’activités physiques de loisir ou saisonnières, l’électrostimulation présente aussi des avantages très intéressants. Cette technique permet ainsi de réaliser une préparation musculaire efficace préalable permettant de limiter le risque de blessures, très fréquentes lors des premiers jours de la saison de ski par exemple, mais aussi de pratiquer ce type d’activité de façon plus confortable et avec plus de plaisir.

Favoriser la récupération après un effort physique, comme un entraînement intensif, une compétition ou une activité inhabituelle est  l’un des résultats les plus appréciés de l’électrostimulation. Un programme de récupération active dont la durée est d’environ 25 minutes, est constitué de plusieurs séquences qui s’enchaînent automatiquement avec pour effets : une activation de la circulation sanguine permettant de drainer les muscles, une libération de molécules anti douleur (endorphines) et une profonde relaxation des muscles. Ce programme doit être réalisé idéalement dans les 3 heures qui suivent l’arrêt de l’activité et peut se faire dans une position de détente en lisant ou regardant la télévision par exemple.

9. Electrostimulation et bien-être

Les effets de base qu’est capable d’apporter une électrostimulation de qualité : antidouleur, relaxation musculaire, activation de la circulation sanguine sont tout à fait adaptés pour soulager des phénomènes d’inconfort passagers liés aux contraintes de la vie quotidienne dont le stress est une manifestation des plus fréquentes. Différents programmes (5 ou 6) de bien-être sont disponibles parmi les stimulateurs de qualité et il n’existe pas vraiment de règles pour choisir le programme qui convient le mieux. Il est donc recommandé de les essayer successivement et d’utiliser celui qui apporte les meilleurs bénéfices. Ce type d’utilisation peut être réalisée ²à la demande², c’est-à-dire à chaque fois que des tensions musculaires se manifestent de façon inconfortable, assez souvent en fin de journée. Les bénéfices sont perceptibles immédiatement et contribuent à retrouver rapidement une sensation de bien-être.

10. Electrostimulation et esthétique

La beauté qui est toujours un concept subjectif n’a jamais été un sujet autant présent dans les médias qu’aujourd’hui. De nos jours, les critères qui semblent s’imposer sont des silhouettes longilignes voir filiformes, une peau lisse et sans rides, l’absence de toute localisation graisseuse…

C’est sans doute la raison pour laquelle les ²marchands d’illusion² se précipitent vers ce "marché" dont ils espèrent en retirer des bénéfices ²juteux². L’électrostimulation n’échappe malheureusement pas à ce type de comportement qui est souvent proche du charlatanisme. Tout le monde a pu regarder ou lire certaines publicités vantant les mérites d’un stimulateur permettant de perdre 10, 15 ou 20 kilos ( ???) , de faire disparaître toute localisation de cellulite ou d’effacer les rides, tout ceci en quelques séances pouvant être réalisées de surcroît en se livrant à toute activité domestique comme par exemple le plus souvent le repassage…

La réalité est qu’il n’en est bien sûr rien !!! Même réalisée avec du matériel de qualité, l’électrostimulation n’est malheureusement pas capable de tenir de telles promesses (ou alors ça se saurait vraiment !).

En revanche, cette technique réalisée avec du matériel sérieux (normes CE des dispositifs médicaux) peut s’avérer efficace à condition d’être utilisée selon les règles simples d’utilisation (voir chapitre : les règles à respecter pour une efficacité maximale), d’être régulier et patient quant à l’obtention des résultats recherchés. Il faudra le plus souvent associer l’électrostimulation à d’autres actions indispensables : alimentation équilibrée, lutte contre la sédentarité, diagnostic médical de dysfonctionnement etc…

La meilleure indication de l’électrostimulation musculaire à visée esthétique est indiscutablement la possibilité d’améliorer la tonicité de la musculature. En effet, et l’exemple le plus représentatif est celui des muscles de la sangle abdominale, les muscles ont le double rôle d’être capables en se contractant de faire mouvoir nos articulations et donc notre corps, mais aussi d’assurer par leur état de tension naturelle le maintien satisfaisant d’autres organes localisé plus en profondeur. Des muscles, comme les  abdominaux, lorsqu’ils sont relâchés ne sont plus capables d’assurer correctement cette mission, et la conséquence habituelle en est un abdomen proéminent qualifié le plus souvent de "bidon" ou de "bedaine".

L’électrostimulation peut alors permettre (sous les réserves précédemment évoquées) de re-tonifier la musculature et d’avoir en effet un bénéfice visible sur la silhouette (diminution d’une, voir deux tailles de pantalon), sans que ceci ne se manifeste forcément de façon concrète sur une balance.

La technique est d’ailleurs fréquemment utilisée par les kinésithérapeutes dans le cadre de la rééducation post-partum (après l’accouchement) pour restaurer des qualités de maintien satisfaisantes de la musculature abdominale.

L’électrostimulation musculaire n’est donc pas une technique capable de transformer toute vieille et grosse sorcière en une candidate potentielle au titre de "Miss univers" (mais en existe-il d’autres ???). Il s’agit néanmoins d’une technique qui, aux seules conditions d’être réalisée avec du matériel de qualité et selon les règles pratiques d’utilisation adaptées, permet d’obtenir des bénéfices qui à défaut d’être spectaculaires seront fort intéressants surtout dans la mesure où d’autres mesures correctives pourront être associées.

11. Maintien des bénéfices obtenus au moyen de l’électrostimulation

- Pour les programmes antidouleur

Il convient de prendre en considération les mécanismes et les causes de la douleur. S’agit-il d’une douleur de survenue occasionnelle et liée à un évènement de caractère exceptionnel -comme pour un torticolis par exemple, ou de douleurs plus chroniques comme celles consécutives à une détérioration progressive des cartilages articulaires - comme ceci est le cas lors de l’arthrose ?

Ces éléments vont conditionner une utilisation à court, moyen ou long terme de l’électrostimulation.

- Utilisation de courte durée pour des douleurs de survenue exceptionnelle et non liées à un dysfonctionnement sérieux de l’appareil ostéo-articulaire (douleur musculaire du sportif par exemple et hors cas de véritable rupture/déchirure des structures musculaires)

- Utilisation de moyenne durée pour des douleurs occasionnelles mais s’étant manifestées sur une durée prolongée (mal de dos inhabituel mais commun avec des symptômes douloureux perçus pendant plus de 3 à 5 jours)

- Utilisation prolongée et souvent permanente pour des douleurs chroniques reliées à un dysfonctionnement médicalement identifié (arthrose par exemple). Les séances de stimulation doivent dans ce cas être ²adaptées² au rythme de survenue des épisodes douloureux.

- Pour les programmes de "musculation"

L’ensemble de ces programmes ne sont efficaces que s’ils sont utilisés de façon régulière sur une durée relativement prolongée. L’ensemble des études scientifiques  visant à évaluer les  gains obtenues au moyen de cette technique, ne démontrent de tels résultats qu’après une utilisation régulière (le plus souvent, 3 ou 4 séances par semaine) sur une durée de 3 à 4 semaines, parfois plus comme pour l’augmentation du volume de la musculature (6 à 8 semaines).

Un muscle ne peut se développer que si l’activité qui lui est imposée est suffisante, c’est exactement la même chose pour l’activité volontaire ou l’entraînement par électrostimulation musculaire. Si cette activité cesse ou diminue, le muscle dont les qualités se seront améliorées au moyen d’une phase régulière d’entraînement ou de sollicitation, va progressivement (mais assez vite) perdre les bénéfices qu’il aura acquis précédemment.

Il est donc recommandé de maintenir un niveau d’activité nécessaire et suffisant pour assurer de façon durable le maintien des gains obtenus au moyen d’un premier cycle ²de traitement d’attaque² avec en ce qui concerne l’électrostimulation musculaire, la poursuite régulière d’un programme de maintien qui consiste à réaliser une seule séance hebdomadaire d’électrostimulation. De façon assez habituelle, le ²cycle d’attaque² (3 à 6 ou 8 semaines) sera ré-initier une, voir deux fois par an, afin d’obtenir les meilleurs résultats.

 

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