Le massage

1. Le massage : définition

Le code français de la santé publique définit le massage de la manière suivante : "On entend par massage toute manœuvre externe réalisée sur les tissus, dans un but thérapeutique ou non, de façon manuelle ou par l’intermédiaire d’appareils autres que les appareils d’électrothérapie, avec ou sans l’aide de produits, qui comporte une mobilisation ou une stimulation méthodique, mécanique ou réflexe de ces tissus".

Il semble résulter de cette définition que le massage est un ensemble de techniques pouvant agir par des mécanismes différents pour apporter des bénéfices thérapeutiques ou non. Les applications du massage apparaissent vastes et la mise en œuvre pratique de ces techniques peut revêtir des aspects assez complexes et variés.

2. Les différentes techniques de massage manuel

D’abord utilisé uniquement dans un but hygiénique ou esthétique dans toutes les grandes civilisations, les anciens se sont aperçus rapidement que le massage manuel pouvait engendrer des bénéfices thérapeutiques.

C’est toutefois vers la fin du XIXème siècle, que les manœuvres fondamentales du massage ont été décrites de façon précise. On distingue classiquement six manœuvres de base : 

    • Les pressions glissées

Selon le niveau de pression exercée : superficiel ou profond, les pressions glissées vont permettre de mobiliser des structures différentes : peau et tissus sous-cutanés uniquement ou tissus musculaires, péri-articulaires, viscères…

    • Les pressions statiques

Ces manœuvres consistent à exercer un appui local à l’aide de la main ou de la pulpe d’un ou de plusieurs doigts de façon plus ou moins intense et maintenu et sans aucun glissement.

Selon la force de compression exercée, des tissus localisés à des niveaux de profondeurs différents (peau et tissus sous-cutané, muscle, tissus mous péri-articulaires…) seront soumis à la manœuvre.

    • Les pétrissages

Les manœuvres de pétrissages consistent à saisir et soulever des tissus et à les mobiliser par un mouvement lent et régulier associant étirement (longitudinal ou transversal) et torsion.

Les pétrissages peuvent être réalisés de manière statique ou associés à des manœuvres de glissement.

Signalons au passage que le mot massage est un terme issu du grec "massein" qui signifie pétrir. 

    • Les vibrations 

 Les vibrations sont des manœuvres qui consistent à transmettre une série d’oscillations à des tissus plus ou moins profonds selon le degré de pression appliquée et sans jamais perdre contact avec la surface de la peau.

    • Les percussions

Les percussions sont une technique qui consiste à heurter de manière intermittente et de façon non brutale la surface de la peau pour chercher essentiellement à atteindre les tissus musculaires et les tissus mous péri-articulaires ou accessoirement certains viscères.

Ces manœuvres seront exécutées avec une partie choisie de la main ou des doigts en fonction de la cible à atteindre et de l’effet recherché. 

    • Les frictions

Les frictions sont des manœuvres en général très localisées et sont réalisées avec la pulpe d’un ou de plusieurs doigts. Elles peuvent être réalisées de manières circulaires, dans le sens des fibres du tissu ciblé ou transversalement par rapport à ces derniers.

Chacune de ces six manœuvres fondamentales se subdivise en plusieurs dizaines de variantes. On dénombre ainsi plus de 300 techniques différentes.

Une séance de massage fera le plus souvent appel à une variété de manœuvres réalisées de façon méthodique en fonction des effets recherchés.

La pratique du massage nécessite un apprentissage sérieux et une grande expérience. En effet les  mains ne doivent pas se contenter de transmettre de simples pressions mais être suffisamment sensibles pour recueillir les informations tactiles provenant des tissus impliqués, et d’agir en s’adaptant en permanence par rapport à la pathologie traitée, aux régions considérées et aux réactions du patient.

Bien que reprenant les six manœuvres fondamentales du massage et/ou leurs centaines de variantes, des thérapeutes confirmés ont décrit des techniques particulières visant en général une application particulière : massage de Cyriax (souffrance des tendons), massage de Vodder (lympho-drainage médical manuel)…Il existe aussi des adaptations culturelles des manœuvres fondamentales (massages chinois, californien, shiatsu…) qui le plus souvent visent le massage de zones réflexes comme certains points d’acupuncture par exemple.

3. Les bénéfices du massage manuel

Sans entrer dans les détails d’utilisation de techniques de massage très spécifiques lors du traitement d’une large diversité de pathologies, le massage a principalement pour effet :           

    • Un effet circulatoire

L’un des effets de base du massage est d’entraîner une augmentation locale du débit sanguin. Cette activation locale de la circulation sanguine a de nombreux bénéfices :

- Améliorer les échanges cellulaires et favoriser la décongestion des tissus ciblés

- Favoriser le retour veineux

- Oxygéner les tissus et accélérer l’élimination des déchets métaboliques

- Accélérer la récupération après un effort physique

    • Un effet antidouleur

L’action antalgique du massage est très souvent constatée par les patients. Les mécanismes d’action des manœuvres de massage sont multiples : réduction ou blocage de la transmission neurologique des informations de la douleur, stimulation de la production de molécules biochimiques aux vertus analgésique (endorphines), effet circulatoire et décontracturant, lutte contre les adhérences des tissus…

    • Un effet décontracturant

L’augmentation réflexe de la tonicité musculaire est une conséquence habituelle du dysfonctionnement ou de la lésion d’une autre structure (articulaire, osseuse…). Des manœuvres adaptées de massage provoque une diminution de la tension des fibres musculaires perçue comme un effet relaxant.

    • Un effet psychologique apaisant

Probablement la raison de la vogue actuelle des techniques de massage, ces dernières réalisées de façon adaptée procurent une sensation de bien-être et de détente. Le contact manuel, la relation particulière d’écoute qui s’établit lors d’une séance de massage sont des éléments qui ont probablement une importance non négligeable dans les résultats obtenus.

Les effets décontracturant, circulatoire (anti fatigue) et antidouleur contribuent bien sûr de manière essentielle à la sensation de relaxation induite par le massage qui représente un moyen anti stress de premier choix.

Les effets d’un massage dépendent essentiellement de ses modalités d’exécution, c’est-à-dire du choix des manœuvres utilisées et de leur précision.

4. Les adjuvants du massage manuel

    • Les agents de contact externes

Les différentes techniques de massage manuel peuvent être réalisées en utilisant un agent de contact entre les surfaces cutanées du masseur et du massé. Il peut s’agir d’un agent neutre (dénué de principe pharmacologique actif) destiné à favoriser les déplacements de la main massante sur le massé : talc, huile pure (amande douce, olives…), crème neutre de massage, produit cosmétique, gels corporels etc. ou de substances médicamenteuses qui nécessitent parfois selon le principe actif une prescription médicale. Dans ce cas, un effet supplémentaire du massage serait de favoriser la pénétration des molécules médicamenteuses dans les tissus. Il s’agit en général de pommades, gels, onguents, huiles essentielles etc... 

    • Le froid ou le chaud

L’exposition à des niveaux de températures significativement différents de l’environnement habituel du corps permet d’obtenir des bénéfices thérapeutiques reconnus et différents pour des applications de froid ou de chaud. L’ensemble de ces moyens s’inscrivent dans la technique de la thermothérapie.

Les techniques de massages manuels peuvent être dispensées de façon associée à une source de froid ou de chaud. Par exemple, un massage manuel peut tirer avantage à être effectué sous infrarouge (source de chaleur) ou par l’intermédiaire d’un morceau de glace intercalé avec une compresse (jamais d’application un peu prolongée directe de glaçons sur la peau : le froid brûle !).

Pour ce type de techniques combinées, il est formellement recommandé de toujours recueillir l’avis d’une autorité médicale.

    • L’eau 

Les vertus de l’eau, bien au-delà de satisfaire les besoins vitaux de l’organisme que chacun connait     (La composition d’un corps humain est estimé à environ 70-75 % de liquide d’eau !), possèdent sous certaines conditions des bénéfices supplémentaires :

- Soulager les contraintes mécaniques sur l’appareil locomoteur (diminution des contraintes articulaires en réduisant les pressions mécaniques exercées sur les structures assurant le poids et le soutien du corps)

- Additionner les bénéfices de la thermothérapie en permettant une exposition dans un milieu aqueux  (composé essentiellement d’eau) régulé à une température supérieure ou inférieure au milieu ambiant habituel et reconnu pour être capable d’induire des réactions favorables.

- En condition thérapeutique, apporter à l’organisme des substances médicinales contenues dans l’eau ambiante, adaptées au maintien ou à la restauration de désordres organique : il s’agir de la médecine thermale qui ne sera pas développée ici.

Les massages réalisés dans l’eau (= hydro massages)  nécessitent presque toujours l’utilisation de dispositifs externes : jets, bulles, bouillonnements…  combinant  les effets  basiques  des techniques de massage manuel  aux avantages supplémentaires  de l’immersion de tout ou partie du corps en milieu aquatique.

5. Les contre-indications du massage

Le massage peut être considéré comme une technique de médecine douce et est donc pratiquement dépourvu d’effet secondaire indésirable, sauf exécuté de façon brutale et inconsidérée.

Toutefois, il existe des situations où le massage doit être contre-indiqué :

- En cas de lésions cutanées (plaies, psoriasis, acné, etc.),

- Sur les régions présentant une inflammation,

- Sur les cals osseux,

- En regard des cartilages de conjugaison,

- En cas d’états infectieux,

- Sur les zones présentant des lésions cancéreuses,

- En cas d’hyperesthésie (augmentation de la sensibilité)

6. Le massage mécanique

Lorsque le massage n’est pas dispensé avec le contact direct de la main ou des doigts, il fait intervenir un dispositif qui cherche à reproduire l’une ou l’autre manœuvre fondamentale du massage manuel (vibration, pression glissée etc). Il existe une multitude d’appareils disponibles sur le marché dont beaucoup ne sont que de simples gadgets. Toutefois, sans être capables de reproduire la finesse et la subtilité d’une main expérimentée, certains dispositifs de qualité permettent de procurer une sensation relaxante de bien-être et ont l’avantage d’être d’une utilisation facile.

7. L’électrostimulation

Si le code de la santé publique ne reconnait pas l’électrostimulation comme un moyen de massage, il site les appareils d’électrothérapie dans sa définition, ce qui n’est pas le fruit du hasard. En effet l’électrostimulation qui est une technique à part entière permet d’obtenir (au moyen de programmes adaptés et toujours avec du matériel de qualité) des effets circulatoires, antidouleur et décontracturant ; c'est-à-dire les effets principaux des techniques de massage manuel.

Les programmes appropriés d’électrostimulation sont de surcroît facile à mettre en œuvre et d’un grand confort procurant même une sensation agréable pendant les séances.

8. Que faire soi-même ? Quand faut-il avoir recours à un kinésithérapeute ?

Convenons d’abord que l’auto massage n’est pas toujours facile à réaliser et ne permet pas de surcroît  de bénéficier de la relation masseur-massé. Certains accessoires peuvent être utiles, faciles à utiliser et paraissent être en mesure d’améliorer le bien-être.

Se faire masser par une personne de son entourage peut apporter un réel bienfait dans la mesure où les séances se déroulent dans une relation de confiance et que le masseur dispose de quelques qualités gestuelles et d’un minimum d’habilité manuelle.

Lorsqu’il existe un état de souffrance, une lésion diagnostiquée d’une structure, une pathologie, un dysfonctionnement, il faut avoir recours à des massages thérapeutiques qui sont du domaine de compétence des seuls masseurs-kinésithérapeutes (article L 487 du code de la santé publique, confirmé par l'ordonnance  n° 2000-548 du 15 juin 2000).

 

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