Le mal de dos

 

1. Mal de dos = mal du siècle

Toutes les enquêtes réalisées de par le monde mettent en évidence l’augmentation constante  des troubles occasionnés par le mal de dos.

Ainsi pour les seules douleurs de la partie inférieure de la colonne vertébrale (lombalgie), il est couramment admis que 8 individus sur 10 en souffriront au moins une fois dans leur vie.

Chaque année, environ 14% des individus ont mal au dos pendant au moins deux semaines d’après un rapport de l’OMS.

Le mal de dos représente l’un des tous premiers motifs de consultation médical.

L’ensemble de ces éléments a entraîné certains auteurs dans les années 1970-80 à désigner le mal de dos comme le mal du siècle !

2. Qu’est ce que le mal de dos ?

De façon assez frustre le mal de dos peut être décrit comme des signes douloureux siégeant au niveau ou à  proximité de la colonne vertébrale.

Cette colonne vertébrale est une structure assez complexe constituée par l’empilement de pièces osseuses de petites dimensions : les vertèbres.

Ces vertèbres, au nombre de 24 pour celles qui sont mobiles, reposent en bas sur un socle solide : le bassin ou ceinture pelvienne et supportent le crâne au niveau de l’extrémité supérieure de la colonne.

Une première classification des maux de dos est de désigner la région dans laquelle la douleur (algie en grec) est localisée :

- Cervicalgie = douleur siégeant au niveau du cou ou région cervicale

- Dorsalgie   = douleur siégeant au niveau de la partie moyenne de la colonne vertébrale ou région dorsale

- Lombalgie = douleur siégeant au niveau de la partie inférieure de la colonne vertébrale ou région lombaire

Ces appellations tout à fait légitimes ne désignent donc que des symptômes douloureux et leur localisation sans en préciser la cause.

3. Les causes du mal de dos

Les causes du mal de dos peuvent être multiples et variées.

Les causes organiques

Il existe des causes rares du mal de dos (moins de 5% des cas). Ce  sont les causes organiques (infection, rhumatisme inflammatoire, maladie affectant les viscères…) qui nécessitent toujours une consultation médicale afin de mettre en place un traitement spécifique. De même des troubles structuraux comme des déviations ou déformations de la colonne vertébrale peuvent être responsables de mal de dos secondaire et nécessitent un dépistage précoce chez l’enfant et des mesures thérapeutiques adaptées.

 Les causes mécaniques

Le mal de dos le plus fréquent, celui qui affecte à un moment où un autre la plupart d’entre nous est du à des causes mécaniques se traduisant par des augmentations de pression ou de tension des zones sensibles de la colonne vertébrale : disque intervertébral et/ou ligaments qui unissent les vertèbres entre elles, petites articulations postérieures, muscles para vertébraux, racines nerveuses.

> Forme aigüe et forme chronique

Selon la nature de ces causes mécaniques, les symptômes douloureux perçus peuvent être intenses et passagers lors d’épisodes aigus comme pour le lumbago ou le torticolis ou plus modérés mais quasi permanents, avec des fluctuations fréquentes lors de formes chroniques.

> Conflit avec un nerf

Certaines causes mécaniques touchant principalement le disque inter vertébral peuvent avoir pour conséquence une irritation ou une compression d’une ou plusieurs racines nerveuses. Ce conflit mécanique est le plus souvent responsable de douleurs siégeant le long du trajet nerveux. En raison de la localisation anatomique du nerf sciatique entre les dernières vertèbres lombaires, il s’agit du nerf le plus exposé à ce type de conflit : il s’agit alors de la sciatique ou sciatalgie ; ou lombo-sciatalgie lorsque les irradiations douloureuses du nerf sciatique sont associées à des douleurs de la région lombaire.

Si la compression du nerf est importante, il peut y avoir une interruption de la commande nerveuse avec pour conséquence une difficulté voir une impossibilité de contracter le ou les muscles qui sont sous le contrôle de ce nerf. Il s’agit d’une forme paralysante qui constitue toujours un motif de consultation médicale en urgence.

4. Mal de dos ou "en avoir plein le dos" ?

Dès l’antiquité, les interactions entre le corps et l’esprit étaient mises en évidence. Le bien-être, c’est-à dire une sensation globale de quiétude exige un état satisfaisant de santé à la fois physique et morale. La répétition des agressions courantes de notre vie moderne : pressions, inquiétudes, bruit, manque de temps… constitue autant de situations de stress dont une conséquence habituelle est une augmentation de la tension musculaire le plus souvent localisée au niveau des muscles de la nuque, des épaules et du dos. Ces épisodes de tensions musculaires, surtout lorsqu’ils sont répétés ont toujours un caractère bénin mais peuvent être perçu comme un véritable problème de mal de dos, sans réelles autres causes.

5. Mal de dos chez différentes populations

Le mal de dos avec ses différentes causes, ses différentes formes et ses différents symptômes peut toucher des sujets des deux sexes et de  tout âge. Il existe néanmoins quelques situations particulières dont une cause est assez habituelle :

  • Le mal de dos des enfants et des adolescents

Pendant la période de croissance, un ou plusieurs épisodes de mal de dos ne sont jamais à prendre à la légère. Il existe des maladies de la croissance de la colonne vertébrale qu’il convient de dépister de la façon la plus précoce possible afin de mettre en place les mesures thérapeutiques adaptées pour prévenir des séquelles ultérieures.

  • Le mal de dos de la femme enceinte

Pendant la grossesse, les modifications morphologiques : prise de poids et augmentation de la cambrure lombaire ; et hormonales : modification de l’élasticité des ligaments sont souvent responsables de lombalgies. Seuls les moyens thérapeutiques qui ne sont pas contre-indiqués en cas de grossesse peuvent être mis en place. En cas de doute, il est toujours préférable de demander conseil à son médecin. Les douleurs lombaires de la femme enceinte disparaissent habituellement assez rapidement après l’accouchement.

  • Le mal de dos des personnes âgées

Comme l’ensemble de nos organes, l’ensemble des structures de la colonne vertébrale vieillissent. Ce vieillissement, connu aussi sous le nom de dégénérescence affecte principalement le disque intervertébral et les petites articulations postérieures des vertèbres. L’érosion des cartilages articulaires est fréquente chez le sujet âgé, c’est l’arthrose vertébrale (cervicale, dorsale ou lombaire) qui est une cause fréquente d’une forme chronique du mal de dos.

6. Quand consulter un médecin ?

La douleur n’est jamais qu’un signe qu’il ne faut jamais négliger. La recherche de la cause (le diagnostic) est l’étape préalable indispensable à la mise en place des moyens thérapeutique adaptés. Même si courir chez son médecin dès l’apparition de la moindre sensation de tension musculaire est une attitude qui semble largement exagérée, une consultation médicale est nécessaire dans les cas suivants :

- Si la douleur est importante et/ou persistante.

- En cas de signes associés : fièvre, perte d’appétit, amaigrissement, fatigue exagérée…

- En cas de troubles neurologiques associés : perte de sensibilité ou hyper sensibilité d’un territoire cutané, diminution ou perte de la force musculaire, incontinence…

- En cas de doute sur un traitement chez la femme enceinte

7. Que peut vous apporter la kinésithérapie ?

Des séances de kinésithérapie sont d’une prescription courante par le médecin qui a diagnostiqué un mal de dos d’origine mécanique.

Le kinésithérapeute est formé pour mettre en place des traitements efficaces contre la douleur : massage thérapeutique, électrothérapie, agents thermiques ; et dépister des défauts mécaniques (souplesse, déficit de tonicité musculaire…) pouvant être la cause ou contribuer à la survenue d’épisodes douloureux. Ce professionnel de la santé mettra alors en place les exercices appropriés afin de prévenir la récidive et d’améliorer les possibilités fonctionnelles du patient.

Le plus souvent, le kinésithérapeute pourra aussi indiquer les conseils d’hygiène de vie à adopter pour stabiliser le traitement mis en place : gestes et postures à éviter, type d’activité physique préconisée, exercices à poursuivre, matériel d’aide-technique à la réalisation de certaines tâches et matériel de confort…

8. Ce que vous pouvez faire vous-même…pour  contribuer au soulagement des douleurs

  • Les massages

En France, la technique du massage manuel est du domaine de compétence des seuls masseur-kinésithérapeutes  (article L 487 du code de la santé publique, confirmé par l'ordonnance  n° 2000-548 du 15 juin 2000). Ils sont formés aux nombreuses différentes techniques de massage manuel qui doivent toujours être adaptées à un bilan préalable.

L’utilisation de certains matériels de qualité peuvent permettre de réaliser des massages mécaniques capables d’apporter une sensation de mieux-être.

L’électrothérapie appliquée au moyen de programmes appropriés et avec un stimulateur de qualité provoque certains effets élémentaires des massages manuels (augmentation du débit sanguin, effet antidouleur, effet décontracturant) et démontre une efficacité intéressante.

  • L’électrothérapie antalgique

La prise en charge de la douleur qui a beaucoup progressée au cours des dernières années utilise aujourd’hui l’électrothérapie de façon courante. La stimulation de certaines fibres nerveuses de la sensibilité permet de bloquer la transmission de la douleur au niveau de son entrée dans la moelle épinière (programme de type TENS) ou d’augmenter la sécrétion des endorphines au niveau du cerveau (programmes douleur chronique, cervicalgie, dorsalgie, lombalgie, lombo-sciatalgie). Ces deux types de traitement permettent de soulager efficacement les douleurs du mal de dos. Un troisième type de programme permet d’avoir un effet décontracturant très efficace sur les douleurs aigües et récentes (lumbago, torticolis).

  • La thermothérapie

L’application de chaleur au moyen d’une température appropriée et administrée le temps suffisant est souvent très efficace pour soulager les douleurs du mal de dos. Ce moyen simple est facile à mettre en place au moyen de dispositifs prévus à cet effet.

  • Les moyens de contention

Le maintien de la colonne vertébrale est normalement assuré par la musculature du tronc qui doit être suffisamment tonique pour pouvoir assurer ce rôle. Lors d’épisodes douloureux, ce maintien musculaire peut-être renforcé par l’utilisation d’un moyen de contention de qualité adapté (ceinture lombaire, collier cervical) jusqu’à la diminution des douleurs à un niveau acceptable. Il n’est pas conseillé de porter ce genre de dispositifs trop longtemps et de s’y habituer car ceci peut avoir pour conséquence une diminution de la tonicité musculaire. En revanche, il peut être intéressant de porter ce type de dispositifs de façon occasionnelle, par exemple lors d’une situation identifiée comme susceptible de réveiller des douleurs (long trajet en voiture, port de charge lourde etc.)

9. Ce que vous pouvez faire vous-même…pour prévenir la récidive

  • Adopter des gestes et postures "économiques"

Lorsque nous soulevons une charge, faisons la vaisselle, jardinons…nous avons tous l’habitude de pencher le tronc en avant sans fléchir suffisamment les genoux. Ces gestes entraînent des pressions ou des tensions pouvant être phénoménales (plusieurs centaines de kilos dans des conditions extrêmes !) sur la colonne vertébrale et les structures environnantes qui le supportent jusqu’à un certain seuil. De la même façon des postures prolongées en position assise sur un siège mal adapté ou un mauvais couchage par exemple soumettent le dos à des contraintes importantes.

Tout le monde devrait adopter des gestes et des postures économiques afin de réduire les contraintes infligées à son dos et c’est dès le plus jeune âge que les enfants devraient y être éduqués, ce qui n’est pas encore le cas aujourd’hui !

Pour les personnes qui ont déjà présentées des douleurs du dos, ces mesures d’hygiène de vie deviennent une nécessité pour mettre en place une prévention efficace.

Cela demande un apprentissage qui est souvent initié par le kinésithérapeute qui propose parfois une prise en charge appelée ²école du dos² dont le but est d’apprendre à économiser son dos lors de la réalisation de gestes et de postures habituelles.

Il existe aussi quelques ouvrages qui expliquent les règles à adopter pour un grand nombre de gestes usuels.

L’adoption de siège ergonomique, une literie de qualité et adaptée, l’aménagement de son poste de travail, l’utilisation d’accessoires d’aide-technique sont aussi des mesures qui contribuent à réduire les sollicitations des structures vertébrales.

  • Le renforcement musculaire

Dans de nombreux cas de sujets souffrant du dos (du cou, du haut du dos, de la région lombaire), une insuffisance musculaire peut être mise en évidence.

En effet le maintien correcte de la colonne vertébrale est assurée en grande partie par la tonicité des muscles situés le long de la colonne vertébrale (muscles para vertébraux) et par les muscles abdominaux pour la région lombaire.

Des exercices destinés à renforcer ces muscles sont habituellement mis en œuvre par le kinésithérapeute. Ce dernier recommandera souvent à son patient de continuer ces exercices de façon régulière afin de stabiliser les progrès obtenus.

Les exercices volontaires de renforcement des muscles abdominaux et para vertébraux doivent toujours être réalisés avec des précautions strictes et une technique maîtrisée, ce  qui permettra d’éviter le réveil ou l’aggravation des douleurs.

Une alternative aux exercices volontaires est l’utilisation de l’électrostimulation qui est une technique très utilisée dans le domaine de la rééducation et de l’entraînement des sportifs. Réalisée avec du matériel de qualité (norme médicale CE) et au moyen de programmes adaptés, l’électrostimulation permet de développer les qualités des muscles de maintien sans risque d’accentuer les symptômes douloureux (contractions musculaires sans mouvement).

  • Activité physique et sport

De nos jours, la sédentarité est considérée comme l’une des causes essentielles des maux de dos, car elle entraîne un affaiblissement des muscles en général et de ceux qui maintiennent le dos en particulier. Une activité physique régulière est largement bénéfique (pas seulement pour le dos !) à condition d’en respecter trois règles fondamentales :

- Toute activité physique doit être précédée d’un échauffement.

- Les efforts fournis doivent être progressifs et adaptés aux capacités physiques du pratiquant.

- Pour certains sports, un apprentissage est indispensable pour en maîtriser les gestes techniques précis (exemple : aviron, planche à voile, musculation, golf…)

Réalisé de façon régulière et sans excès (1 heure, 2 à 3 fois par semaine est très bien), et à condition de respecter les trois règles précédentes, pratiquement tous les sports sont bénéfiques et le meilleur est celui qui fait plaisir !

Toutefois, il peut dans certains cas particuliers exister une contre-indication médicale à la pratique d’une discipline sportive, et votre médecin pourra vous indiquer :

- les sports recommandés

- les sports possibles, en prenant des précautions

- les sports à éviter

Pour certains type d’activités, le choix et le réglage du matériel doivent être attentifs (vélo par exemple) et l’utilisation de dispositifs additionnels peut se révéler être un choix judicieux (semelles absorbantes de vibration pour les activités de courses à pied).

  

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