Un vrai casse-tête cette migraine

 

Un vrai casse-tête, cette migraine

En bonne et nombreuse compagnie

Connaissez-vous quelqu’un qui n’a encore jamais souffert de mal de tête? Tout le monde a été confronté un jour ou l’autre à l’une ou plusieurs de ses variantes que le mal de tête soit lancinant, diffus, pulsatif, généralisé, concentré… Le mal de tête, sous toutes ses formes, n’est pas seulement une maladie chronique très répandue, il reste aussi une affection incomprise. Le mal de tête figure pourtant au sommet, avec la toux, de la liste des désagréments que les hommes et les femmes peuvent rencontrer dans leur vie quotidienne. Souvent, il ne s’agit pas d’un syndrome en soi mais d’un phénomène qui accompagne de nombreuses maladies et qui donne une indication sur le mode de vie du patient. Les scientifiques restent cependant très divisés sur la définition à donner à ce mal. Sans parler des manières de le combattre et de le traiter.

 

Le mal de tête touche pratiquement tout le monde, aussi bien les adultes que les enfants. Des études indiquent que 95 % des femmes et 90% des hommes ont un jour été affectés par un mal de tête. Environ 20% de la population en souffre sérieusement de manière régulière. Selon une enquête américaine portant sur la population en général, la migraine affecte, chaque année, 18% des femmes et 6% des hommes. Selon une étude écossaise, réalisée sur 2165 enfants de 5 à 15 ans, 11% des enfants sont confrontés à la migraine. Une étude menée à Taiwan sur des personnes de plus de 65 ans a révélé que 3,9% d’entre-elles souffraient d’un mal de tête chronique quotidien. Cela veut dire un mal de tête qui apparaît pendant plus de 15 jours par mois et plus de 6 mois. D’autres recherches indiquent que l’algie vasculaire de la face touche 16 hommes sur 100.000 et 2 femmes sur 100.000.

 

Dans plus de 95% des cas, une personne qui souffre d’un mal de tête ne va pas chez un médecin pour s’y faire prescrire un traitement. Même des maux de tête chroniques ne sont pas, dans la majorité des cas, des raisons suffisantes pour se rendre chez le médecin de famille : la proportion de patients migraineux qui ont été voir un jour un médecin pour leur mal est limitée à une fourchette allant de 25 à 50% et seulement 1 patient sur 6 quand il s’agit de céphalées de tension. En dépit de cela, le mal de tête est l’une des plaintes le plus souvent rencontrées chez le médecin de famille.


Même si c’est une maigre consolation, il est intéressant de noter que de nombreuses personnes célèbres ont souffert de migraine à leur époque. On les appelait les « migraineux ». Apparemment, cela ne les a pas empêché d’accomplir de grandes œuvres. Quelques-uns ont quand même traduit leurs expériences douloureuses dans des peintures ou des livres. Au panthéon de ces célébrités, citons Jules César, Napoléon, Cervantès, Sigmund Freud, Friedrich Nietzsche et Vincent Van Gogh.


Une question épineuse depuis de nombreux siècles


Encore un peu d’histoire : aucun syndrome n’a sans doute fait l’objet d’autant de tentatives de traitement, jadis et aujourd’hui encore. Actuellement, le médecin ou le patient a devant lui un éventail très large de remèdes parmi lesquels : les médicaments, la psycho-thérapie (des entretiens au cours des-quels le thérapeute tente de limiter des comportements, des émotions et des conflits perturbants), la physiothérapie, l’automédication et l’adaptation de son mode de vie.


Dès l’Antiquité, on se cassait déjà la tête pour trouver des méthodes et des moyens pour combattre la migraine, surtout ses formes les plus graves. Certaines fouilles archéologiques révèlent que même à l’âge de la pierre, on se creusait les méninges pour soulager les maux de tête.

Sur des tablettes d’argile des Assyriens, on peut lire à quel point le mal de tête pouvait miner la vie quotidienne : « Le mal de tête revient frapper sans arrêt, comme les vagues sur les rochers. Du lever au coucher du soleil, le mal de tête hurle et crie. » Les médecins égyptiens écrivaient déjà, quinze siècles avant Jésus-Christ, des recettes pour traiter la migraine et d’autres types de mal de tête. Ces médicaments contenaient notamment des infusions de natron, de laudanum, de miel, de boue et des arrêtes de poisson cuit. En ce temps-là, on n’hésitait pas non plus à avoir recours à des traitements symboliques. Ainsi, que diriez-vous du conseil suivant, qui était proféré il y a 4.000 ans environ : « Frottez-vous la tête douloureuse avec une perche du Nil afin que votre douleur passe dans la tête du poisson. »


Dans la Chine ancienne, on pratiquait un art davantage étudié.

On appliquait l’acupuncture pour traiter la douleur lancinante au-dessus des yeux. Plus de 3.000 ans plus tard, cette méthode est encore toujours utilisée avec un relatif succès. Des infusions d’herbes sont sans doute aussi anciennes que l’humanité. Au Moyen Âge, on utilisait en guise d’anti-douleur une sorte de thé avec de l’armoise, du fenouil, de la bétoine et de l’absinthe. Mais on n’hésitait pas non plus à utiliser de véritables remèdes de cheval, comme l’application d’un fer chaud sur l’endroit douloureux.


Cette panoplie inépuisable de traitements est bien la preuve que nos connaissances sur la cause du mal de tête sont, dans de nombreux cas, déficientes.

C’est précisément pour cette raison que ces remèdes sont souvent insuffisants ou accompagnés d’effets secondaires désagréables. Et pourtant, la plupart des gens acceptent leur mal de tête comme une fatalité ou le combattent avec un simple calmant du type aspirine, paracétamol ou ibuprofène.


Actuellement, la science et la médecine distinguent différents types de maux de tête :

•  Migraine classique

•  Céphalée de tension

•  Algie vasculaire de la face

•  Migraine non classique

•  Sinusite

•  Névralgie faciale

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